Du surréalisme au fantasme érotico-lesbien
Il faisait chaud, extrêmement chaud en ce jour de juin, tu as croisé mon regard sur cette avenue bondée de badauds, de spectateurs, de manifestants dansant sur le bitume réchauffé par leurs milliers de danseurs frénétiques.
Je ne saurais dire si, dans mes yeux tu avais vu, cette première fois, du désir ou de la stupéfaction. Il faut dire que tu étais impressionnante, déguisée en maîtresse SM avec ton fouet et toute vêtue de cuir, des pinces-tétons par-dessus ta combinaison moulante. On t’aurait pris pour une super héroïne si tu n’avais pas eu ce regard pervers et entre les mains ce collier clouté avec lequel tu tenais une esclave à ta merci.
Nos regards se sont croisés, nos corps se sont frôlés, survoltés par cette foule, tu as tout fait pour que je te voie, des coups de fouet furtifs aux passants, créature volubile, exubérante. Tu me promettais inconsciemment des ébats sexuellement intenses en plongeant tes yeux dans les miens.
Tu as déployé beaucoup de subtilité pour t’approcher de moi, pour glisser ton numéro de téléphone dans la poche avant de mon jeans, malicieuse, caressant mon entrejambe au passage, excitant ma curiosité, jouant de tes désirs.
Dans les jours suivants, je te rappelais, je voulais en savoir plus sur toi, sur ce personnage que tu avais créé. Nous nous sommes retrouvées rue du Roi de Sicile, en plein Marais, ton lieu de prédilection, ce repère à gouines incontournable pour toute lesbiano-parisienne.
Tu m'a raconté ta vie, ton goût pour le sadomasochisme et le bondage mi-soft - je me voyais déjà pieds et poings liés, laisse au cou et mes fesses rougies de fessées, je ne pouvais me retenir de pouffer intérieurement – ta passion pour le jardinage, ton goût modéré mais passionnel pour la construction de maquette en allumettes brûlées. Tu me fascinais.
Au milieu du repas, en plein plat principal, comme pour marquer ta différence, ta façon d’être, tu m'as posé une question qui m'a laissé sans voix. Tu m'as demandé : « et toi, que penses-tu de la masturbation ? » petit sourire en coin, moment d’hésitation, perlée de sueur sur le front, je ne t'ai pas fait l’affront de ne pas te répondre, je t'ai déclaré que la masturbation c’est comme les produits de luxe, plus t’en as, plus t’en veux.. Tu as éclaté de rire en me lançant un clin d’œil. Victoire !
Je t'ai raconté comment j’avais découvert ma tante et mon oncle dans une boîte échangiste dans un camp de nudiste – une très longue histoire – sur ce nous avons échangé notre premier baiser. Fin de soirée, tu as décidé de m’emmener chez toi pour un dernier verre, tu savais que je n’allais pas refuser, tu brûlais d’envie comme un plat de spaghetti.
Nous nous sommes installées dans ton canapé noir en latex, sensation étrange, je sentais ton désir au travers de ta combinaison – évidemment, tu ne pouvais baiser sans ta combinaison en cuir – je ne m’offusquais pas de tes pratiques, mais j'ai été très surprise quand en caressant ton genou avec la paume de ma main, tu as commencé à gémir dangereusement. Mon coude droit a effleuré ton entrejambe, puis est venu taper plus fort faisant de petits cercles sur ton clitoris. C’est fou l’effet que cela te faisait ! Toi si dominatrice dans tes jeux de rôles hard, ton orgasme s'est déclenché en un rien de temps alors que je n’avais rien fait, ce n’était même pas des préliminaires !
Après ta fulgurante jouissance, tu as entrepris de t’occuper de moi, j'ai pris peur quand dans le tiroir de ton meuble de chevet, tu as sorti un harnais de gode ceinture et un tube de lubrifiant. J'ai pris mes jambes à mon cou et me suis enfuie à toute vitesse.
Plus jamais, je n’ai eu envie de découvrir le milieu SM.















