« Devenir celle que je suis » de Delphine Philbert.
Présentation de l’éditeur :
« Comment un père de deux enfants, vétérinaire, peut-il après 25 ans de mariage réaliser qui il est vraiment – une femme! – et remettre en question tout ce qui dans sa vie était justement déterminé par une identité sexuelle erronée? Comment l’entourage proche, famille et amis, doivent-ils accepter un tel bouleversement? Il arrive parfois que l’évidence, longtemps refoulée, finisse par s’imposer magistralement au terme d’une longue maturation. Les souvenirs enfouis remontent à la surface, les faux-semblants laborieusement construits pour consolider un mur qui nous sépare de nous-même se rompent: c’est un cataclysme identitaire. C’est cette aventure humaine peu commune que nous raconte ici Didier, devenu depuis Delphine. Vécu comme une dissonance, son sexe n’a jamais été en adéquation avec ce qu’elle était. Didier Philbert n’était qu’un état civil et sa vie le mensonge qui en découlait. Ce n’est que libérée de ce carcan que ses rêves d’être femme, son plaisir à se travestir, ses expériences avec d’autres hommes et d’autres femmes ont trouvé un sens. Elle est arrivée enfin à analyser un ressenti en contraste depuis toujours avec son corps. Le mottranssexuelle apparaît, puis celui de transgenre, plus adapté selon elle à ce qu’elle est. Entre premières sorties vêtue en femme et tourisme médical, elle nous raconte avec intelligence, pédagogie et clarté son histoire personnelle, son questionnement, les mensonges à la famille, ses pérégrinations à la recherche de réponses et les difficultés rencontrées pour faire accepter ce changement à son entourage: sa femme divorce immédiatement et ses enfants refusent de la voir. Enfin elle nous raconte le chemin de croix pour changer de sexe. L’histoire de sa transition est aussi l’histoire d’un combat: celui de la reconnaissance des transgenres par la société.
Delphine Philbert a 50 ans et a découvert sa transidentité il y a 2 ans. En décembre 2010 elle a obtenu du tribunal le changement de son statut civil sans se soumettre aux «protocoles médicaux» de réassignation sexuelle. En février 2011 elle a subi une chirurgie définitive de réassignation sexuelle et milite pour la reconnaissance des droits des transgenres. »
J’ai mis du temps à écrire cette critique, (pardon mille fois Yagg et merci de me l’avoir fait gagner).
J’ai mis du temps à en faire la critique parce qu’il fallait que je le digère, non pas qu’il soit indigeste loin de là , c’est un magnifique témoignage de courage, de remise en question de soi et un total chamboulement dans la vie d’un transgenre en transition ou non.
J’ai mis du temps parce que je dois l’avouer je ne savais pas par où commencer, s’il fallait que je « critique » (alors qu’il n’y a rien à critiquer, Delphine nous parle de sa vie, de ses doutes, de son mal-être), s’il fallait que je donne mon avis (mais sur quoi au juste ? Comment donner son avis sur la vie de quelqu’un ?).
Merci de me l’avoir fait gagner parce qu’il m’a clairement chamboulé ! On se prend plein la tronche.  J’imaginais que cela devait être dur, le « coming out » si je puis dire, l’acceptation de soi, ce fucking regard des autres, la famille qui se détruit. Delphine nous raconte son mariage avec sa femme depuis vingt-cinq ans, ses enfants, elle se cherche tout au long du récit, j’en avais des frissons par moment, ces instants de détresse profonde, cette tentative de suicide et puis l’espoir, la découverte et l’aide d’autres transgenres… C’est triste et beau à la fois, j’en avais les larmes aux yeux.
On comprend clairement que rien n’est simple, la vie professionnelle, les parents, les amis, non rien n’est simple.
Ma critique n’est pas longue mais j’avais, pour finir, vraiment envie de remercier Delphine d’avoir écrit ce livre. C’est un bon enseignement, une leçon de courage, de vie et d’espoir. MERCI !
PS : J’espère, sincèrement de tout mon cœur, que tes enfants vont te reparler un jour.
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6 Commentaires sur “« Devenir celle que je suis » de Delphine Philbert.”
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Rien n’est simple. Le pire c’est pour ces transgenres qui ne se découvrent qu’adultes (trans’ « secondaires » d’après la médecine).
Obtenir le changement d’état civil sans se soumettre aux « protocoles médicaux », ça, c’est vachement fort Oo
Wow, et ben t’as bien fait d’attendre avant de pondre un article, parce que dit comme ça, ça donne envie de le lire
Tiens je le lirais bien un jour, ouais !
Merci @caro
Merci du fond du coeur, Caro, pour cette critique.
Pour répondre à ta question concernant mes enfants :
un frémissement a lieu. Ma fille répond à un texto sur deux envoyés et mon fils à un sur dix. C’est énorme, que leur demander de plus ? Ils ont vécu un véritable séisme à une période où eux-mêmes se cherchent. Le temps, la vie fera le reste.
Encore un grand merci,
Delphine
@delphine2612 je suis très contente que tes enfants te « reparlent » c’est un très très bon début, le temps a toujours du bon pour apaiser les choses, courage !
@red pas de souci TMTC je te le prêterai et à @lgabrielle aussi si elle le veut toujours