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Caro
On n'est jamais assez gouine dans la vie. Je veux de la visibilité !
Clichés | Coup de gueule | Perso | 12.12.2014 - 11 h 45 | 5 COMMENTAIRES
De la lesbophobie ordinaire.

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Hier soir, 20 heures, quelque part en Seine Saint Denis (93), dans la chaleur d’un foyer, entourée de mes nouvelles voisines, nous faisons gentiment connaissance autour d’un verre de sirop tropical et des Pringles.

Donc, afin de faire connaissance et essayer créer un climat de franches sympathies entre nous dixit une des voisines, nous avons organisé une réunion/rencontre chez l’une d’entre nous.

Posons le décor : sur quatre locataires il y a un couple de filles, moi – gouine assumée et visible aussi – et deux autres locataires femmes maghrébines. Nous sommes donc des minorités.

Bref revenons à nos moutons plutôt. Entre blagues, rigolades sur l’état de nos apparts respectifs et la colère de l’absence d’empathie de notre proprio sur nos soucis locatifs, nous avons dérivées sur nos vies privées.

Les deux filles hétéros nous parlent de leurs mecs et plans culs respectifs, puis viennent les questions sur notre orientation sexuelle avec une question franche et directe me concernant : « toi aussi t’es lesbienne ? » ma réponse fut tout aussi nette et positive, sans trembler.

Il s’est suivi d’une multitude de questions WTF sur la sexualité entre filles :

– Comment vous faites pour vous reconnaitre ?
  o « Le lesbdar baby héhé »
– Comment vous faites pour vous draguer ?
o « Et toi avec ton mec ? »
– Mais vous êtes toujours vierges alors si vous n’avez couché qu’avec des filles ?
o Comment te dire !?! Ahahahah 😀
– Ah, toi t’as couché avec un mec ? ALOOOOORS c’était commeeeennnnt ?
  o Youhou allo je viens de te dire que je suis LESBIENNE !»
– Avec des doigts on ne peut pas se faire dépuceler, c’est impossible !
o Je me suis presque cru sur Doctissimo.
– De toute façon, il n’y a pas de bite donc vous n’avez pas de VRAIES relations sexuelles ! Vous vous caressez juste en fait ? Oui bon enfin un cunnilingus et un doigt ça ne fait pas une VRAIE relation sexuelle hein !
o Viens à la maison, je te montrerai qu’on ne fait pas QUE ça !
– Et moi, tu trouves que je » fais » lesbienne ?

          o Euh…

Le boulot qu’il reste à faire est ENORMISSIME !

Nous avons également essayé de parler d’hétéronormativé de la société, que nous étions oppressées par les hétéros mais aussi qu’un homme n’a pas forcément un pénis et une femme un vagin… oulala beaucoup trop compliqué visiblement… on a vite abandonné le projet gargantuesque.

Sans parler des « gouines ou gouinasse » dit à tour de bras sous pretexte qu’elle a une amie lesbienne et qu’elle « parle comme ça »… Donc soyons clairs, je n’accepte pas qu’un-e hétéro me qualifie avec de tels termes. Je préfère m’en charger, me réapproprier les choses toute seule comme une grande…

Mine de rien, même si elles en rigolaient : « nan mais c’est bon, on est entre nous on peut tout se dire » Euh non, déjà parce que je ne te connais pas et même si j’adore parler de cul avec mes amies, avec des inconnues c’est vraiment bizarre et malaisant – tout ceci est assez violent. Encore une fois notre sexualité est encore invisibilisée, maltraitée et même (surtout) inexistante.

Je suis rentrée chez moi en colère, triste et avec le sentiment de n’être pas vraiment ‘en securité’.

Cunnilingus | Erotique | Lecture | Nouvelle | 24.10.2014 - 19 h 42 | 3 COMMENTAIRES
[Erotique] Au bureau…

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Il y a huit mois que Fadia était tombée follement amoureuse de son amie. Une jeune femme absolument charmante et troublante. Elles s’étaient rencontrées autour d’un verre dans un bar, un soir où Fadia avait eu envie de se détendre d’une journée pénible. Leur discussion avait pris assez vite une tournure particulière et leur histoire avait démarré de la manière la plus sensuelle qui soit, leurs désirs réciproques et immédiats l’avaient poussée irrémédiablement dans le lit de sa compagne.

Fadia travaillait depuis trois ans dans une agence de publicité. Elle était embauchée en tant qu’assistante de direction, un poste à hautes responsabilités. Son costume de travail quotidien se composait principalement d’un tailleur pantalon strict et d’une chemise blanche neutre. Pas d’extravagance, pas de débordement, tout devait être carré. Elle aimait se sentir soignée mais le soir venu, en rentrant chez elle, le simple fait de déboutonner sa veste et de faire tomber son pantalon la mettait en joie.

Fadia rangea son bureau méthodiquement, elle savait que demain serait une grosse journée. Des rendez-vous attendaient son patron et étaient d’une importance vitale pour l’entreprise. Les dossiers bleus en haut de la pile, les rouges en dessous et une autre pile pour les documents plus contentieux. Elle avait consciencieusement pris soin de les classer afin de permettre une meilleure visibilité de l’ensemble. Elle se rassit pour lire une dernière fois le dossier en s’imprégnant des documents qui étaient en sa possession, redoutant de passer à côté d’un élément qui ferait capoter la signature d’un très gros contrat.

Ce soir elle n’avait pas envie de ramener de travail à la maison comme elle le faisait depuis quelques semaines. Elle avait simplement envie de se reposer, pour une fois.

Cette soirée de novembre s’annonça particulièrement glaciale. En claquant la porte de son bureau, l’envie de rejoindre son amie à son appartement pris une ampleur inattendue, la fatigue la gagna. Elle attrapa son manteau et ferma l’agence à double tour. Arrivée devant l’interphone de son amoureuse elle prit sa voix la plus sensuelle pour annoncer son envie de la voir. La porte s’ouvrit, elle monta quatre à quatre les escaliers pour finir la soirée dans les bras de sa douce.

Le lendemain matin, en plein forme après une nuit réparatrice, Fadia se sentit invincible. C’était toujours comme cela qu’elle se sentait quand elle passait la nuit avec son amie.

Arrivée devant son bureau, son patron était déjà là, attendant son assistante avec une impatience non dissimulée. L’excitation de signer un gros contrat le mettait dans tous ses états. Fadia ressenti une légère pression. Elle savait qu’à eux deux ils avaient truffés leur dossier d’arguments et d’idées imparables. Mais le doute s’immisça sournoisement. Le client arriva trente minutes plus tard, salua Fadia puis le chef d’entreprise. Ils partirent s’enfermer dans le grand bureau du boss afin de mettre au point la stratégie du marché futur.

Fadia sortit la première, sourire aux lèvres, après trois heures d’intenses négociations. Le contrat était signé. Elle pouvait enfin se détendre. Elle regagna son bureau en quête des derniers messages laissés par ses clients pour les rappeler. Elle regarda sa montre, il était déjà midi. En traversant l’open-space, elle se rendit compte que tous ses collègues étaient déjà partis prendre leur pause déjeuner. Elle se retrouvait seule. En regagnant son bureau, elle aperçut dans l’encadrement de la porte d’entrée, son amie. Surprise de la découvrir ici, elle rougit immédiatement.

Elle s’avança vers elle pour la saluer. Sa jeune amie la prit par la taille, la serra tout contre elle et l’embrassa à pleine bouche. Troublée, Fadia perdit l’équilibre et vint percuter le bureau de sa collègue standardiste. La fougue de son amante et la surprise de sa venue lui ouvrirent l’appétit. Un tout autre appétit… Tout en continuant à l’embrasser goulument Fadia invita son amie à la suivre jusqu’à son bureau.

Elle ferma la porte pour éviter de se faire surprendre par un collègue, au cas où l’un d’eux reviendrait par malchance.

Son amante la toisa et arrêta son regard sur ses seins compressés dans ce chemisier bien trop fermé à son goût. Elle laissa parcourir ses mains le long de ses cuisses, remontant doucement jusqu’à ses hanches qu’elle savait fermes. Elle déposa un baiser dans son cou tout en empoignant ses fesses. D’un geste sûr elle déboutonna le pantalon de son amie, la fit s’asseoir sur ce grand fauteuil et s’agenouilla devant elle. Elle commença à embrasser son genou puis descendit vers l’intérieur de ses cuisses en mordant au passage quelques centimètres de peau charnue. La respiration saccadée, Fadia ne perdit cependant pas une miette de ce qui se passait entre ses cuisses. Son amie s’aventura à embrasser sa culotte, faisant monter d’un cran son désir. Le vêtement faisait encore obstacle à ce qui la tourmentait depuis ce matin : lui donner du plaisir. Fadia se tortilla pour enlever sa culotte, la rapidité du geste surprit son amie qui s’empressa d’y porter sa bouche. Un soupir de soulagement sortit de la bouche de Fadia. Sa respiration se faisait de plus en plus rapide. N’y tenant plus elle prit la tête de son amante entre ses mains pour la plaquer contre son sexe. La jeune femme s’engouffra dans l’antre de son corps, lécha délicatement sa vulve pour ensuite accélérer son mouvement et fit durcir sa langue pour s’attarder sur son clitoris, raidi par ses va-et-vient. Fadia se courba, poussa un long gémissement avant de se laisser tomber sur le dos de son fauteuil.

Son amante se releva, remonta jusqu’à sa bouche pour y déposer un profond baiser, lui laissant savourer au passage son propre liquide. Gourmande, Fadia se leva et vint enjamber le corps de sa compagne pour poser son sexe sur sa bouche. La jeune femme prit immédiatement ses fesses entre ses mains et les pétrit allègrement. Sa langue plongea dans son sexe, la lécha sans ménagement pendant de longues minutes. Cette fois ci sans lui laisser le moindre répit elle approcha deux doigts et pénétra doucement son vagin humide.

Fadia dut se retenir au rebord du bureau pour ne pas vaciller tant le plaisir qui irradiait son ventre fut intense. Il lui fallut quelques secondes pour retrouver ses esprits.

Sa partenaire sentit couler le long de ses doigts sa cyprine. Excitée elle n’attendit pas pour la pénétrer plus profondément. Elle savait bien que c’était ce genre de geste qui la rendait dingue. Tremblante, elle faillit perdre encore une fois l’équilibre.

L’excitation était si forte que ses doigts glissaient facilement, elle en profita pour insérer un troisième doigt. Sentant son amie au bord de l’orgasme, le souffle très court, elle agita ses doigts de haut en bas et accéléra son mouvement de va-et-vient. Elle sentit sur ses doigts le vagin de Fadia se contracter violemment. La jeune assistante lui agrippa les cheveux et poussa un cri roque qui résonna dans le bureau. La chaleur sur ses joues avait envahie tout son corps et des spasmes la secouaient maintenant de toutes parts.

Son amante attendit qu’elle se détende pour retirer ses doigts, constatant au passage que sa main entière était recouverte de cyprine.

Un large sourire se figea sur le visage de sa femme.

Fadia lui prit les épaules pour la relever, l’asseoir sur le bureau qu’elle reprenne elle aussi ses esprits après ses escapades fougueuses. Fadia se rhabilla du mieux qu’elle pouvait dans cette ambiance encore emplie de sensualité. Sa compagne l’enlaça et déposa un long baiser sur les lèvres gonflées de Fadia. Sa compagne sortit du bureau et se dirigea vers la porte d’entrée en lançant un clin d’œil entendu à Fadia qui la suivit du regard.

Critique | Erotique | Perso | Porno | sexy bitch | 27.01.2014 - 11 h 18 | 0 COMMENTAIRES
J’ai testé pour vous : le nouveau sextoy Rainbow de Wet For Her.

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Grâce à Yagg (merci merci <3), j’ai eu la chance de tester le sextoy « Rainbow » (sans harnais je précise) vendu sur le site Wet For Her seule et avec une partenaire.

rainbow

Voici mes impressions :

Au premier abord la longueur et la largeur m’ont impressionné, le site Wet For Her le vend en le comparant à une largeur de trois doigts (çaaaa vaaaa trois doigts :D) mais là j’avais l’impression d’avoir affaire à une largeur de quatre doigts au moins.

Présentée dans un sac en plastique avec un assez grand sachet de lubrifiant, pas très agréable – je ne vous conseille vraiment pas la marque Yes – Il colle, ne sent pas super bon et n’est pas super efficace, contrairement au Durex Play (placement de produit), à l’odeur et au goût plus neutre et très efficace, même sur la durée.

Une fois la « peur » passée, ma partenaire et moi nous sommes lancés dans l’entreprise d’explorer la chose, à deux et puis seule. Mes sensations avec une partenaire. Point positif : C’est plutôt une sensation très très sympa quand on le reçoit, ça glisse bien, ce n’est pas désagréable à la pénétration (toujours mettre une capote bien sur) et la courbure du gode est idéale, et à été surement pensé pour l’être. Pénétration en profondeur et rapide parfaite (on peut pénétrer vite et en toute confiance). La largueur, qui m’impressionnait au début, s’est assez vite estompée quand l’excitation de l’acte est présente, plus aucune appréhension.

La partenaire avec qui je l’ai testé a apprécié la forme, un peu moins la taille, mais je rappelle qu’il est disponible en 3 formats, avec ou sans harnais. Elle a également trouvé utile la base épaisse, que l’on peut fixer à un harnais ou simplement prend en main facilement. Point négatif : La texture du gode en silicone (sans capote) capte toutes les impuretés, les cheveux et la poussière.

Peu de sensation quand on le pratique sur sa partenaire. Le simple fait de va et vient ne suffit pas pour l’apprécier à sa juste mesure. Personnellement j’aime sentir sous mes doigts les réactions de ma partenaire, or là c’est impossible, c’est le cas pour toutes les pénétrations avec accessoires, donc ce n’est pas vraiment un point négatif propre à ce modèle. Mes sensations en étant seule. Là les sensations sont différentes, de part la nature même de la pratique solitaire. De part le format, il faut user de plus d’imagination pour parvenir à l’utiliser, cela reste un moment agréable mais personnellement je n’en raffole pas des masses. Le plaisir est certes plus intense et fort mais sans plus.

Pour conclure, ce fut une très bonne expérience que je vous conseille si un jouet ne vous horrifie pas dans votre relation avec votre partenaire, et si vous voulez mettre un peu de piment à vos ébats. Amusez vous, jouez, essayez dans la joie et le consentement bien sûr.

 

Un grand merci également à Alice de Wet For Her pour sa gentillesse et de m’avoir fait testé ce joujou 😀

Critique | 10.10.2013 - 19 h 01 | 15 COMMENTAIRES
La vie d’Adèle ou pourquoi nous n’avons (presque) pas aimé ce film.

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la vie d'adele

Cette critique va se découper en deux points de vue différents et complémentaires. Le mien et celui de @Dark_MY avec qui je suis allée voir ce film.

Mon avis :

Autant vous le dire tout de suite, ce film ne m’a pas plu, mais alors pas du tout. Je vais essayer d’en parler sans trop de spoilers.

Malgré les critiques acerbes que j’ai pu lire ça et , je vais me permettre de donner mon avis puisque je me sens la première concernée par ce film.

A aucun moment, il ne faut comparer la BD de Julie Maroh à ce film. Aucun. C’est une libre adaptation, elle n’a quasiment plus rien à voir avec l’histoire originale.

Avant de commencer, je voudrais déjà donner à Abdellatif Kechiche une recette des spaghettis bolognaises, ça a l’air d’être sa grande passion dans la vie – et les gens qui mangent (salement).

http://www.marmiton.org/recettes/recette_pates-a-la-bolognaise-facile_20482.aspx

Commencons donc :

Adèle Exarchopoulos

Il a eu le très bon goût d’avoir flashé sur Adèle Exarchopoulos, femme-enfant de 20 ans. Je dis « flasher » parce que c’est complètement l’impression qu’il m’a donné par la manière dont il l’a filmé, l’a sublimé, les gros plans (trop gros), lui donner du volume, la laisser s’épanouir devant sa caméra malgré les très longues séquences en plan fixe très serré pour « capter tous les détails que les gens ne voient pas ». Bah didiou on les a vu là les détails. C’était obligée de filmer la morve en gros plan ? Le budget mouchoir n’était pas prévu par la réal ?

A vrai dire, si Adèle n’avait pas été présente dans ce film, je n’y serai même pas aller. Ouais, carrément !

Okay, j’aime bien la manière dont il amène l’histoire d’amour entre les deux femmes, le désir naissant et fulgurant entre Adèle et Emma, ce coup de foudre. Tout le monde peut s’y retrouver, homos, bi-e-s, hétéros, l’amour est universel, les coups de foudre le sont aussi.

Le malaise.

Tout ça n’enlève pas les gros moments de malaise, le lynchage dans la cour d’école (pas de spoiler c’est dans la bande annonce). Je me demande si Kechiche sais que :

Ce moment où j’ai même pas pu regarder l’écran, me ramenant à nos propres expériences, ma propre vie, la souffrance des insultes des petites connes qui pensent et l’expriment clairement que parce que tu es homosexuelle, quand dormir chez des amies hétérosexuelles peut te provoquer l’envie soudaine de « lui bouffer la chatte (sic) » (MAIS BIEN SUR !), ou dans la cour d’école de te faire traiter de « sale gouinasse » parce que tu as été dans un bar queer…

Je le déteste pour ça. Pour m’avoir mis tout ça dans la gueule, violemment. Parce que oui Abdellatif, la violence envers les lesbiennes est bien présente, quotidiennement, parce que tu sais quoi ? Quand ma meuf m’a ramené à mon RER hier soir, on a eu peur… Peur qu’on se fasse défoncer la gueule (ou pire) parce qu’on a eu l’affront de s’embrasser à pleine bouche devant ces dizaines de mecs sur le quai de la gare. Parce qu’on s’aime tout simplement.

Il dit ne pas avoir voulu faire un film militant, il nous montre les problématiques bi-lesbiennes mais surtout il ne faudrait pas trop en parler, il ne faudrait surtout pas que les meufs bi-lesbiennes soient trop visibles. Fuck !

Et la violence conjugale dans son film, on en parle ou pas ? Il était obligé de mettre dans les dialogues le mot  « pute », d’en venir à l’agression physique ? Balancer un peu de sexisme ça t’a pas trop déranger Kechiche, ça va ?

Et puis qu’est ce qui lui a pris de garder 3h (TROIS HEURES) de film alors que deux heures en aurait largement suffit ?! Comme un film lambda.

Filmer Adèle à quatre ou cinq reprises, allongée sur le ventre, la caméra à ses pieds, une jambe légèrement repliée vers le ventre, qu’est ce que ça apporte au film à l’histoire, à part exciter les mecs hétéros (dont lui) ? *gros soupirs*

Les fameuses scènes de sexe.

Je dois admettre qu’il faut que je le remercier pour les gros fous rires pendant ces scènes. Elles sont tellement surréalistes, surjouées et improbables.

J’ai adoré le regard de ma copine mi effrayé, mi amusé pendant les sept minutes de cul, en me chuchotant : »mais qu’est ce qu’elles font ? » ah ah ah ! Grand moment de rigolade.

S’est-il seulement renseigné un minimum sur les pratiques sexuelles les plus courantes des lesbiennes ? Visiblement pas des masses. Ou si dans les films pornos.

Pardonnez moi, il est bien gentil mais qu’il ne prétend pas tourner une histoire d’amour – et donc sexuelles – entre femmes sans ne rien connaitre de leur sexualité. D’où te vient ta source d’inspiration pour ces scènes ? Ne me dites pas que ce sont des bi-lesbiennes qui lui ont souffler telle ou telle position ? Je rends ma carte de gouine dans ces cas là…

Je crois que mon plus gros moment de LOL ce sont les fessées, de jolies et bonnes grosses claques sur les fesses. Sérieusement, Abdellatif ? C’est comme ça qu’on baise entre gouines pour toi ? Ah ah ah !

Aaaaah mon cochon, t’as dû bien te branler pendant le tournage !

Léa Seydoux.

J’avais pris soin « d’oublier » ses… hum comment dire… maladroits propos lesbophobes et de me concentrer uniquement sur son jeu d’actrice, sa ‘profondeur’, sa manière de dégager quelque chose derrière une caméra.

Je me rend compte que j’ai beaucoup de mal avec elle… autant Adèle Exarchopoulos j’ai complètement craqué, elle porte le film de bout en bout (et je veux bien lui montrer ce que c’est le sexe entre femmes aussi), autant Léa Seydoux est insipide et a même réussi à m’énerver…

 

Celui de Dark_MY:

Il y a beaucoup à dire sur « la vie d’adèle », ce film a remué de nombreuses polémiques diverses et variées et s’est entouré de déclarations lesbophobes, ce qui est bien le comble pour une histoire d’amour entre femmes. Je ne parlerai que du film, assez d’encre a coulé sur le reste. Mon opinion est très mitigée et varie en fonction d’où je me place. Je précise n’avoir pas lu la BD (mais cette erreur va être vite réparée).

En tant que cinéphile le film trouve grâce à mes yeux. La réalisation est crue, voir cruelle, on aime avec Adèle, on pleure avec elle, on souffre avec elle. Ce personnage m’a charmée, ses silences, sa façon de se jeter dans les expériences et dans les gens, sans filet. Adèle nous est livrée de façon très brute, sans filtre, et l’on ne peut que se charger de ses émotions. Tout cela est fait talent.

En tant que femme, la pilule est plus difficile à avaler. Les nombreux gros plans et cadrages sur les fesses d’Adèle sont inutiles et gênants, on en vient à se demander si le réalisateur n’a pas fait une fixation. Il faut mentionner également un long passage sur l’orgasme féminin rempli d’essentialisme et de sexisme bienveillant, décrivant la      jouissance féminine comme une expérience spirituelle et mystique en opposition à un orgasme masculin basique et mécanique. Plus insoutenable encore, les insultes misogynes proférées par l’une des personnages lors d’une dispute . Ce film est sensé parler de femmes, mais il ne montre qu’un regard d’homme sur des femmes qui restent objets d’observation, de fantasmes, de sublimation esthétique et à aucun moment sujets de leur propre histoire.

En tant que lesbienne, ce film est un carnage. Le réalisateur a fait le choix de dépolitiser complètement l’histoire d’amour, il a bien de la chance de pouvoir le faire, moi aussi j’aimerai dépolitiser mes histoires sentimentales et sexuelles, mais malheureusement une société lesbophobe et sexiste m’en empêche. La seule scène juste est celle de l’agression lesbophobe dont est victime Adèle au lycée, elle est d’ailleurs difficile à soutenir. Tout le reste est risible au mieux, insultant au pire.

La sexualité entre femmes est l’objet de fantasmes et de dénigrations régulières et malheureusement ce film s’inscrit dans cette lignée. On a l’impression d’être dans la tête d’un ado voyeur. Personnellement j’étais ennuyée pour elles, c’est long et pénible, l’archétype d’une mauvaise vidéo YouPorn. Et encore une fois on sent l’esthétisation et la tentative de sublimation de la sexualité féminine. Mr Kechiche aurai pu demander à des lesbiennes ou des bies, elles lui auraient expliqué que les femmes, ça baise aussi, et pas comme ça, avec un peu plus d’action et de sueur, et sans mysticité aucune.

La partenaire d’Adèle ne pourrait pas être une vraie lesbienne si elle n’était pas en colère contre les hommes hétérosexuels, on sent encore une fois le regard de l’homme qui se sent menacé par ces femmes qui n’ont pas besoin de lui derrière la caméra. On pourra noter une scène où elle met ses problèmes professionnels, dont on ne sait rien, sur le dos d’un « homme qui a un problème avec les lesbiennes » [SPOILER] ainsi qu’une scène où elle profère des insultes d’autant plus appuyées, misogynes et violentes que c’est avec un homme que sa partenaire l’a trompée [SPOILER]

Pour conclure : si vous vivez dans une autre galaxie et que vous ne savez pas comment les hommes hétérosexuels voient les lesbiennes et bies et que vous avez besoin d’une représentation de plus de ce type, allez y sans attendre. Je rajouterai que ce film est fortement déconseillé aux gens que les nez qui coulent, les cheveux décoiffés et les bouches qui mastiquent grandes ouvertes révulsent.

Nouvelle | 05.06.2013 - 12 h 23 | 9 COMMENTAIRES
Episode 1 – Le voyage.

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Ce texte a été écrit simultanément par @GoldenM, @Nibben et moi-même. Voici donc le premier épisode.

 

[espace] Au volant de notre voiture, je me concentre sur la route. A côté de moi, Léa regarde droit devant, la mine décomposée, les yeux perdus dans le vide, elle n’a pas décroché un mot de l’heure de route. Nous allons voir ses parents le temps d’un long week-end de quatre jours.

[espace) Ses parents, c’est une longue histoire. Ils ont appris son homosexualité il y a quatre ans environ. Cela faisait un an que nous étions ensemble et, lors d’un week-end chez eux, elle leur a annoncé sa préférence. Son coming-out ne s’est pas bien passé, sa mère a rejeté en bloc ce que Léa lui annonçait, elle a cherché à “lui faire entendre raison”. Puis son père s’en est mêlé, ils se sont disputés, et elle est partie en claquant la porte. Jusqu’à récemment, ils ne se parlaient plus ; mais le décès récent d’une tante de Léa les a rassemblés et les a obligés à renouer le dialogue.

(espace) Cela fait quatre ans et demi que Léa et moi habitons ensemble dans un bel appartement cossu du sud de la France. Ses parents ne savent toujours pas que je fais l’amour à leur fille, que je l’aime tout court ; pour eux, je suis simplement sa colocataire. Elle n’a pas eu le courage de leur faire part des véritables liens qui nous unissent. Peur de les brusquer, peur d’un second rejet aussi probablement. Je ne lui ai jamais reproché quoi que ce soit.

(espace) Mes pensées reviennent sur la route. Plus les kilomètres défilent et plus je m’interroge. Cette mine sombre, est-elle destinée à ses parents, ou bien à moi ? Je me sens capable de supporter son silence jusqu’en Bretagne, mais pas son air maussade et renfrogné. Il me reste toutefois une chance que ce soit juste notre réveil très matinal qui la contrarie autant, connaissant son amour pour les étreintes langoureuses avec sa couette. Après un léger temps d’hésitation, je détache ma main droite du volant et la pose doucement sur son genou, surveillant sa réaction du coin de l’œil.

Elle détourne la tête vers la fenêtre, je l’entends avaler sa salive. Son petit doigt vient se réfugier sous les miens. Je soupire doucement, c’est un signe positif, je ne suis certainement pas la cause directe de son humeur. J’aperçois ses mâchoires et son poing droit serrés. Elle va mal.

(espace) Je suis incapable de la laisser ainsi plus longtemps, et tente de crever l’abcès. Avant de prendre la parole, je resserre légèrement ma main sur ses doigts, ne pouvant pas me permettre de la prendre dans mes bras pour la rassurer.

“ – Léa ? Je n’ai pas pris ma mallette avec le calmant pour chevaux, mais je dois pouvoir en retrouver une dose dans le coffre. Ou alors, tu peux me parler.”

Elle ne répond pas, le regard toujours fixé sur le paysage matinal qui défile.

“ – Léa… Parle-moi, tu sais que ça va toujours mieux une fois que tu l’as fait.”

(espace) Sa tête se tourne vers l’avant, les muscles de ses mâchoires se relâchent, son poing est toujours fermé. Elle prend une grande inspiration, pour trouver le courage d’énoncer à voix haute les pensées noires qui l’envahissent.

“ – J’ai peur, Solène. Tu sais, quand j’ai fait mon coming out à mes parents, ça ne s’est pas forcément  bien passé. J’ai conscience que c’est encore très irréel dans leur tête, je n’habite plus chez eux, ils n’ont aucune preuve de mon homosexualité, à part celle par l’absurde que je n’ai pas de petit-ami. Mais les connaissant, ça n’a pas dû être difficile d’en faire abstraction. Et là, je débarque avec toi, ma supposée colocataire, et il faut que je remette cette discussion sur le tapis, que je leur dévoile tout, et j’ai peur que d’arracher de nouveau ce voile, nous fasse mal, à eux, à moi, et aussi à toi, peut-être. Tu comprends ?

– Bien sûr que je comprends. Je retiens ce que tu me dis, tu sais. Et je t’ai aussi promis que si ça se passait trop mal, je te kidnappais. Mais je suis convaincue que ça va aller ; en plus, ta tante est dans la confidence, non ?

– Oui, elle sait. Et elle est au courant pour toi et moi, aussi. Mais je ne sais pas si elle sera d’un grand soutien, vu qu’elle n’est jamais sortie du placard.

– Si on ne peut même plus compter sur la solidarité des gouines …

– Mais où va l’monde, ma p’tite dame ? répond-elle en souriant un peu.

Quelques minutes de silence, puis je reprends :

– Détends-toi. Je te promets que ça va bien se passer. Comment ta mère pourrait résister à mon charme ? J’ai eu la fille, je sais à peu près comment m’y prendre maintenant !

– Ce n’est pas vraiment la même chose, j’avais des prédispositions, hein… Ma mère n’aime pas les brunes, moi, oui.

– On va bien trouver un rayon teinture au supermarché avant d’arriver. Mais rassure-toi… Tu resteras toujours ma préférée.

– Bon.” Son poing s’est desserrée, elle monte ma main à ses lèvres et l’embrasse tendrement, puis la repose sur sa cuisse et l’enveloppe entre les deux siennes. “Je te fais confiance. Et pas de clash avec Nicolas, on sait toutes les deux que c’est un abruti fini, il faut juste le supporter quelques heures.”

Son ton est définitif et je ne peux qu’abdiquer, quand bien même je rêverais d’aligner son frère pour toutes les âneries qu’il peut débiter à la seconde.

(espace) Les heures défilent et je la vois se détendre petit à petit, pas totalement, mais je peux voir son visage s’éclairer. La route devient soudain plus agréable. La tension qui régnait pendant nos quelques premières heures est retombée, nous nous arrêtons à une station d’autoroute pour refaire le plein. Elle prend le volant, me laissant récupérer un peu du trajet déjà parcouru.

Plus qu’une bonne demi-heure et nous arrivons chez ses parents, j’ai le temps de m’assoupir quelques instants, je sais que ce week-end sera chargé en émotions et j’ai besoin de reprendre toutes mes forces.

(espace) Enfin arrivées, elle se gare dans la cour de chez ses parents, deux chiens jappent devant la voiture, manquant de se faire écraser au passage. Tout le monde nous attend dans la cour, sympa l’accueil ! Elle affiche son sourire de circonstance pour faire bonne figure, mais je sais qu’elle stresse, malgré notre conversation plus tôt dans la voiture. Sa mère nous accueille bras ouverts, me faisant la bise comme si je faisais déjà partie de la famille. Si elle savait… Son père me fait un signe de la tête avec un sourire marquant son respect. Nicolas me tape sur l’épaule comme si j’étais un vieux copain, un signe du coude désignant déjà une certaine complicité.

(espace) Sa tante, un peu en retrait des autres, nous accueille avec un sourire entendu. Les choses commencent bien, Léa se détend et nous rentrons tous ensemble dans leur grande maison. Une piscine trône dans le jardin derrière le salon, la cuisine est immense, les chambres sont aussi spacieuses que notre appartement à lui seul.

Seulement, en même temps que la visite des chambres, arrive la première “confrontation” du week-end : l’attribution des-dites chambres. A savoir, “où faire dormir la copine de Léa ?”. Quand sa mère lui propose de dormir dans son lit d’enfance alors que j’hériterai seule d’une des chambres d’amis, je me retiens de rire en la voyant cacher une grimace. J’imagine déjà des scénarii de déambulation silencieuse dans la maison familiale, sur la pointe des pieds, pour pouvoir dormir dans ses bras, et peu importe la taille du lit. Mais je m’arrête immédiatement, il faut que je reste sérieuse, je serais incapable d’expliquer mon fou rire sans nous compromettre dès le début.

Je vois Léa sortir de sa réserve et proposer avec l’air le plus innocent du monde que Nicolas, au lieu de dormir dans le vieux canapé-lit du salon, prenne la chambre d’enfant pendant qu’elle se dévouerait pour partager la nuit avec moi. Après tout, nous habitons ensemble, ce ne serait pas un problème. Je ne peux retenir un grand sourire en l’entendant appuyer sur le “ensemble”. Son frère proteste un peu à l’idée d’être coincé dans un petit lit, mais la proposition semble satisfaire la maîtresse de maison et la chambre d’amis nous est finalement attribuée à toutes les deux. Victoire !

(espace) Nous descendons ensuite, la grande table du salon est déjà dressée. Dîner dans les règles, vin blanc, vin rouge, petite fourchette pour l’entrée, grande pour le plat. Léa m’a briefée avant, je ne fais pas de faute, du moins aucune qui ne soit visible par tous. Elle se trouve à l’autre bout de la tablée, je ne peux pas être en contact avec elle, même sous la table. Entre le fromage et le dessert, elle me lance un intense et long regard que je connais très bien, et qui dit “j’ai hâte que ce soit fini pour n’être qu’avec toi”. Je le soutiens un long moment, puis j’ai peur de me perdre dans cet échange et de sauter par-dessus la table pour l’embrasser alors je m’empresse de baisser les yeux sur mes croûtes de Saint-Nectaire.

Un instant passe, je relève la tête, et vois ma voisine d’en face, la tante de Léa, qui m’observe avec un sourire attendri, mais aussi contrit, désolé. Elle doit s’ennuyer un peu, coincée entre les deux grands-tantes qui piaillent et le petit qui s’est endormi. Je me demande si elle a laissé une personne chère à son cœur chez elle, juste pour ces quatre jours en famille, et si elle lui manque. J’aimerais pouvoir lui poser la question, mais il y a trop d’oreilles indiscrètes dans cette pièce, j’entame donc une discussion sur des thèmes plus anodins, comme son travail ou le dernier film qu’elle a vu au cinéma.

Le sujet vient finalement sur le tapis lorsqu’elle lance discrètement qu’on vient de lui prêter le dvd de “Comme les autres”, qui devrait lui plaire selon son propriétaire. Je cherche ce que ce nom m’évoque et ne peux retenir ma langue : “Ah oui ! Le film sur les deux homos qui veulent un enfant !”, avant de me rendre compte qu’en plus d’avoir parlé un peu fort, j’ai casé ma phrase pendant le plus grand silence du repas.

(espace) Son père nous regarde interloqué, passant son regard de sa fille, sa belle-sœur à moi avec des yeux tout ronds. Il ne pensait sûrement pas qu’une telle discussion s’installerait à cette table. Nicolas, le plus abruti de la famille, nous sort que les homosexuels ne devraient pas avoir le droit d’adopter parce que ce n’est pas une “vraie famille”, qu’il faut un homme et une femme pour faire une famille et que les couples homos feraient de mauvais parents. Sa tante, Léa et moi-même nous regardons interloquées par ce genre de discours qui nous scie littéralement le moral. Nous sentons qu’il va falloir lui expliquer beaucoup de choses et surtout l’éduquer. Ça fait un moment que nous sommes ensemble et l’idée nous a traversé l’esprit, je n’imagine donc pas la réaction de son frère si on lui devait lui annoncer que nous sommes un couple et que l’une de nous est enceinte.

(espace) Le repas prend fin, nous nous installons donc dans le salon pour goûter au dessert, comme le fait traditionnellement leur famille. Léa en profite pour se mettre près de sa mère et discute un peu avec elle. Elles ont pas mal de choses à rattraper, coincée entre elle et sa belle-sœur, une discussion plus sérieuse sur nous semble compromise pour ce soir.

(espace) J’aide son père à débarrasser les assiettes des invités, nous nous retrouvons seuls dans la cuisine, je redoute un peu la confrontation avec lui, non pas qu’il soit fermé à toute discussion mais je veux éviter toute tension et montrer ma relation avec Léa comme étant belle et sereine. Sachant toute la famille dans le salon, je lui propose qu’on essuie une partie de la vaisselle, comme les flûtes en cristal. C’est lui qui entame la discussion sur mon travail, un sujet neutre pour commencer. Je lui suis reconnaissante, on me connait surtout pour mon incapacité à mentir et il me serait vraiment très difficile de répondre par la négative à un “Vous avez quelqu’un dans votre vie ?” quand ma compagne est assise à cinq mètres.

Critique | 11.02.2013 - 11 h 25 | 4 COMMENTAIRES
« A partir d’un SMS… » ou comment passer une bonne soirée.

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a partir d'un sms

Grâce à Yagg (encore une fois merci), nous avons pu assister @cat et moi, en avant-première, à la pièce de théâtre « A partir d’un SMS… » qui se jouait dans le très intimiste Théâtre Clavel. Très intime puisqu’il ne compte que 120 places, le premier rang est à peine un mètre de la scène. Un public principalement masculin, nous n’étions que cinq filles ! Mais quelle soirée !

Synopsis.

L’analyse d’une relation amoureuse à travers la rencontre de Jo et Mathieu. Du premier rendez-vous à la rupture, on entre dans cette histoire d’amour par le biais de leurs confessions. A chaque étape, ils nous font partager les craintes, les désirs qu’ils ressentent et nous renvoient forcément à des instants vécus ou entendus.

Jo c’est Romain Poli, le beau blond, il veut devenir une rock star, un peu rêveur, dragueur, fêtard et sûr de lui.

romain poli jo

Mathieu c’est Mike Fédée, d’origine martiniquaise, le sourire ravageur et le regard ténébreux un peu coquin, plus casanier et plus âgé que Jo.

mike fedée  mathieu

On commence avec une rencontre et ses préludes, les circonstances de leur rencontre, le premier regard, la première approche, le premier SMS…Tout démarre de là : « à partir d’un SMS… », s’ensuivent de nombreuses mises en scène du premier resto, du premier verre pour finir la première soirée, de la première nuit, premier réveil… jusqu’à la rupture.

De nombreux tableaux, pas toujours égaux ceci dit, certains très drôles et d’autres traités avec moins de finesse mais le résultat final est jouissif et l’on passe une très agréable soirée.

« A partir d’un SMS… » c’est l’histoire de deux garçons où l’on pourrait très bien transposer leurs réflexions avec un couple lesbien ou même hétéro (je suppose, mais je ne m’y connais pas en couple hétérosexuel :D). On présente la pièce en disant que « l’homosexualité y est anecdotique » et finalement c’est vrai. Les histoires d’amour sont uniques et à la fois relativement similaires. On se rencontre, on se plait, on couche ensemble, on se voit tout le temps, on s’installe ensemble, on se lasse, on se délaisse et on se quitte, tout ceci dans un espace temps plus ou moins long.

J’ai, pour ma part, beaucoup apprécié le jeu de comédien de Mike Fédée : touchant, émouvant, drôle.

On se replonge dans ce qu’on a vécu – si tant soit peu qu’on ait eu un minimum de vécu amoureux – et paf ça nous prend aux tripes, le cœur en ballotage.

Si vous voulez passer une très bonne soirée, n’hésitez plus, courez-y !

L’avis très concis de @Cat (mon +1) : il a neigé, il n’y avait que des gars, on a passé une bonne soirée, c’était drôle. (Ça c’est du résumé ^^)

Prod dimanche et semaine | 30.01.2013 - 21 h 53 | 3 COMMENTAIRES
Prod de la semaine – Lettre à mon fils.

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Paris, le 30 janvier 2033.

Mon fils, mon enfant,

Je n’ai pas l’habitude de t’écrire aussi souvent que je le voudrais maintenant que tu es parti étudier à Madrid, j’aimerais que tu gardes une trace de nos échanges, pour que tu le racontes toi aussi à tes enfants et petits-enfants, plus tard.

Tu as aujourd’hui dix-neuf ans. Le plus bel âge, celui de l’insouciance et de la folie. Mon fils, mon enfant. Cette lettre, je m’étais promis de te l’envoyer le jour de ton 19ème anniversaire. Voilà qui est fait.

Je veux surtout te parler de ton enfance, heureuse à nos côtés. Ta mère et moi étions (et sommes toujours, bien évidemment) très fière de toi, de t’avoir eu contre vents et marées. Bon d’accord, je sens que tu brûles d’impatience que je te raconte encore et encore ton histoire, notre histoire.

J’ai rencontré ta mère un soir d’hiver, en juin 2011, elle était si belle que j’ai craqué à l’instant même où nos lèvres se sont touchées. Nous avons passé bien des épreuves, surmonté des moments difficiles mais notre amour a survécu. Le temps a passé et nous avons décidé de t’avoir.

9 juin 2013, nous nous sommes mariées. Enfin. La loi sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe enfin votée, après moult débats et nos multiples combats contre l’homophobie, ta mère m’a dit Oui, les larmes aux yeux. Après ta naissance, notre mariage fut le plus bel engagement de notre vie. Le plus festif aussi.

24 avril 2013, ta mère fut enceinte de toi. 30 janvier 2014, à un jour près de la date de naissance de ta grand-mère, tu pointas le bout de ton nez.

Mon garçon, tu n’étais pas encore né que ta mère et moi étions déjà de ferventes militantes de la cause homosexuelle, nous avons marché, lutté, manifesté pour avoir les mêmes droits que les autres citoyens [hétérosexuels], même si aujourd’hui la différence sur l’orientation sexuelle ne se lit plus dans le regard des gens.

Les années 2010 ont été une période charnière dans notre vie. Si l’homosexualité est, aujourd’hui, totalement acceptée et intégrée pleinement dans la société, ce n’était pas tout à fait le cas il y a encore vingt ans. Ta mère et moi nous sommes battues pour pouvoir nous marier, aussi fou que cela puisse te paraitre, et pour que nous formions une famille reconnue et protégée par la loi.

Dans ces années 2010, les femmes homosexuelles allaient se faire inséminer en Belgique ou en Espagne. Nous, nous t’avons eu par PMA. Le plus beau jour de notre vie. Ta mère était si heureuse, moi j’ai failli m’évanouir à la clinique quand j’ai coupé le cordon ombilical.

Mon enfant. Toi qui me surnommes si tendrement »Mamina » avec tes petits yeux remplis d’amour. Ça me fait toujours le même pincement au cœur.

Mon fils, c’est d’une même main, ta mère et moi, que nous t’écrivons ces dernières lignes : nous te souhaitons le plus beau des anniversaires. Nous sommes aussi fières de toi, que tu es fier de nous.

Nous t’embrassons tendrement.

Tes deux mamans qui t’aiment.

Manifestation | 28.01.2013 - 09 h 19 | 1 COMMENTAIRES
Manifestation pour l’égalité du 27 janvier 2013.

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Coup de gueule | Manifestation | 14.01.2013 - 11 h 54 | 4 COMMENTAIRES
« La manif pour tous », contre-manifester ou comment la police nous a empêché de nous exprimer !

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Le 13 janvier 2013, c’est la bande à Barjot et ses potes les homophobes (qui sont contre l’homophobie/folie mais qui tolèrent qu’on s’aime surtout si nous sommes bien planqués. Ahem) qui étaient dans la rue hier.

Nous avions prévu de faire une contre-manifestation, afin de ne pas laisser complètement la rue à tous ces homophobes, crier notre indignation devant tant d’intolérance et de mépris.

Nous nous sommes retrouvés Place Montparnasse d’où un cortège partait, posté sur le trottoir, quelques drapeaux arc en ciel sur les épaules, nous avons chantonné notre belle chanson, pleine de mélodie et ô combien remplie de sens :

Une maman c’est comme ça, un papa c’est comme ça : Ta gueule homophobe, tu nous fatigues !

Pancarte brandie vers les manifestants, tête haute et nos voix qui portent, il n’en fallait pas plus à la police pour nous encercler, déchirer nos pancartes, confisquer nos banderoles en tissus, nous emmener à l’écart un peu brutalement, prendre nos noms date et lieu de naissance sur un calepin et nous demander gentiment expressément d’aller voir ailleurs si les homophobes y étaient.

Plusieurs personnes LGB ont rejoint notre groupe, étant donné que quand les flics nous ont « relâchés » nous n’avons pas arrêté de chanter nos slogans. Nous n’avions aucune envie de nous arrêter en si bon chemin, nous avions entendu qu’une contre-manifestation déclarée étaient organisées à la fontaine Saint Michel, ni une ni deux, nous débarquons à une vingtaine de personnes motivées à faire entendre nos voix.

Arrivés sur place, des policiers suréquipés nous accueillent de façon surprenante en nous barrant la route, avouant qu’ils ont l’ordre de leur hiérarchie d’interpeller tout contre-manifestant(s) et de les embarquer au poste de police. Ils nous conseillent fortement de ne pas faire de rassemblement dans tout Paris aujourd’hui. Consternation générale !

La rue est aux homophobes et aucune contestation possible sans passer les deux prochaines heures en garde à vue !

J’étais en colère, consternée par la réaction de la police qui protège l’homophobie. C’était une réaction épidermique, je sais bien qu’ils essayaient de nous protéger aussi mais nous avons clairement été censurés ! Quand on pense que Civitas défile tranquillement en criant « les pédés au bucher ! », j’ai envie de crier au scandale !

Escortés donc par quelques policiers en civil, nous descendons reprendre le métro. Dégoutés avec un goût d’inachevé et de frustration au fond de la gorge !

Par dépit, nous nous sommes réfugiés au Brunch of Love, organisé par Emilie Jouvet aux Buttes Chaumont, près de Rosa Bonheur. Plaisir de voir des têtes connues et d’être entre nous, enfin.

Le retour dans le métro/RER fut d’autant plus difficile en croisant des manifestants avec leur drapeau moche rose.

Il ne faisait pas bon d’être militant-e-s pro-mariage ce 13 janvier !

 

Le plus dans toute cette histoire, c’est quand Elle me dit que je suis son héroïne *fierté*

 

Perso | 25.12.2012 - 17 h 20 | 11 COMMENTAIRES
Noël, la famille et le mariage pour tous.

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Comme tous les ans et parce qu’on déteste les réunions de famille (et… Oh ça tombe bien ma famille maternelle et paternelle habite loin, ouf !), nous passons Noël tous les trois, mes parents et moi, plutôt tranquillou où l’on mange bien et où l’on boit (trop). Bref, revenons a notre sujet principal : Noël, la famille et le mariage pour tous.

Pas de coming out en vue, ils le savent déjà depuis une dizaine d’années. Non, ce soir là c’est Christine Boutin qui a attiré notre attention puisqu’on sirotait tranquillou notre coupette de champagne quand à la télé Chri-Chri nationale nous est apparue aussi laide et haineuse que possible.

Notre discussion sur le mariage pour tous, c’était plutôt un dialogue comme celui-là :

Ma mère : « je ne comprends pas : la Boutin là, elle veut que vous vous mariez avec des personnes de même sexe ? »

Moi : « non maman elle considère l’homosexualité comme inexistante et qu’un homme ou une femme peut déjà épouser une personne de sexe OPPOSE, en niant complètement notre homosexualité. Mais sinon elle nous aime beaucoup hein »

Mon père et ma mère en chœur : « Mais elle est complètement folle celle là »

Moi :  « Oui et elle est complètement homophobe aussi malgré tout ce qu’elle dit »

Ma mère (qui prend les décisions) : « Bon il ne faut pas aller à sa manif du 13 nous irons avec toi à la manif du 27 janvier » (*re danse de la Joie*)

Moi : « Mais si une contre manif se fait le 13 j’irai contre manifester »

Mon père : « Mais tu vas te faire taper dessus !? » À moitié horrifié.

Moi : « Mais non, les flics vont nous parquer dans un coin et on criera de loin. »

On boit un verre et je commence à chanter « Boutin si tu savais ton avis…ton avis, Boutin si tu savais ton avis où on s’l’met… »

Ma mère et mon père : « Bon et ben il va falloir que tu nous apprennes les slogans à chanter » (grand sourire pour tout le monde).

On a enchaîné ensuite sur le Pape et l’Eglise et j’ai demandé à ma mère ma date de baptème (oui oui le soir du réveillon 😀 ) pour demander mon apostasie et mes parents de répliquer : « Mais de toute façon quand tu te mariera, ce ne sera pas à l’Eglise », j’ai dit « Non sûrement pas, on ne souhaite pas le mariage religieux mais le mariage civil, être reconnu-e-s par la Société, pas par l’Eglise. »

Approbation des deux, nous rebuvons un verre, rions de bon coeur et enchaînons sur des sujets complètements futiles absolument pas gênés par tout ce qu’on vient de parler. VICTOIRE !

 

C’est une immense joie pour moi qu’ils m’aient réitéré leur envie de venir avec moi à la Manif du 27 janvier et le dialogue est très bien passé. Ce fut un très bon (réveillon de) Noël.

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